Elle avait reçu jusqu'à présent, deux coups violents. Le premier presque insignifiant car elle ne comprenait pas. Ce n'était là que le début d'une toute nouvelle conception de la vie. Mais le temps la rattrapait, le second coup arriva. De là, sa vie bascula dans l'obscurité. Elle n'avait plus de repère, elle perdait une partie d'elle-même. Il lui aura fallu beaucoup de temps avant de pouvoir à nouveau profiter de la vie. Elle étais trop attachée. Attachée à cette vie qu'elle menait parfaitement. Mais toutes bonnes choses ont une fin.
Manger n'avait plus de sens. Elle perdit ainsi le goût. Son corps devint maigre de passion, d'envie et d'esperance. Elle ne refletait que l'image d'une fille mince et fragile, perdu, qui arrivait peinement à suivre le file de la vie, bien que celle-ci su la tromper et l'abandonner durant quelque seconde, sous cette eau transparente, et cette chaleur étouffante. Elle resta marquée à jamais de cette main levée, détenant sa fierté. La mer était sa seconde nature, une nature oubliée pendant de longues années... Elle demanda pardon car elle en avait honte.
Assise sur un roché en bout de digue, elle regardait l'horizon, mais ne voyait plus rien. Tout avait donc brûlé, en une seule journée, un vendredi d'automne, le 6 octobre. Rire devînt dur, mais elle souriait encore. Les lundi de primaire lui manquait terriblement. La gourmandise s'en allait. Il ne restait là qu'un goût d'amertume.
Elle savait qu'elle n'allait pas bien, mais ne pouvait en parler à quiconque. Cherchant en elle-même à découvrir de quoi elle pouvait souffrir, elle ne retrouva là, que des souvenirs, rangés dans de vieux cartons où seul la poussière lui montait au nez. Elle retourna dans le salon, et sentit alors cette odeur. La même qu'en mer, sur ce bateau, la même que sur ce port, cette fameuse odeur qui annonçait le soupé familiale dont tout le monde rafollait. Mais ce jour là, elle n'en eut pas envie.
Sa seule volonté était à présent de se réfugier dans un nouveau monde, où le silence serait maître et la solitude inexpugnable. A quoi bon écouter le monde pleurer, puisse que le monde ne nous entend pas? Pourtant... Il y avait là quelque mois au paravant, elle aimait encore fermer les yeux et se laisser berçer par les vagues: les deux oreilles sous l'eau c'était avec émerveillement qu'elle écoutait parler ce monde qui n'était pas le sien, mais qui n'était pas non plus nouveau.
Là où une passion était née, une autre est morte. Il avait une chose qu'elle aimait beaucoup, dont elle en a oublié le goût, mais ce, pour toujours: la montagne. Se réchauffer, emmitoufler sous une couette au petit matin, puis se lever, se préparer pour aller skier. Elle aimait sentir au dehors, le soleil réchauffer sa peau gelée par le temps. Une sensation de douceur, comme si l'univers lui fesait un présent bien plus beau que la vie.
Je n'aurais perçu le jour qu'en printemps, quand j'ai vu pour la premier fois, ce paradis m'ouvrire grand ses bras en me disant tout bas: " je serai toujours là pour toi, temps que je le pourrais, je guiderais tes premiers pas, mais n'oublies jamais que c'est à toi de prendre le relait". Une main se tendit, je la prit aussi tôt, une odeur familière qui m'envenima.
Ils m'avaient donc tout apprit: le seul sens de la vie.
